J'ai idixé ce texte paru en Allemagne en 2001 et en français en 2004 aux éditions Gallimard.
La plupart des propositions issues de l'analyse ont été inscrites sous les parcours suivants :
- L'être humain entretient un rapport vivant à l'image : il vit avec des images et comprend le monde en images;
- L'image met au jour ce qui n'est pas dans l'image, mais peut y apparaître : elle incarne un mort;
- Les nouveaux procédés techniques qui repoussent les limites de l'imaginaire prolongent la tendance anthropologique à inventer des dispositifs de production d'images;
- Pour s'incarner et se transmettre, il faut à toute image un support matériel : le médium, qui évolue selon les époques;
- Les corps incarnent l'idée que chaque époque se forme de l'être humain.
Rechercher dans ce blog
samedi 29 novembre 2008
lundi 24 novembre 2008
Bulles (Sphères I) de Peter Sloterdijk
J'ai idixé le premier volume de la trilogie "sphérologique" de Peter Sloterdijk. Livre riche, foisonnant, pour lequel j'ai privilégié cinq parcours :
- La situation fondamentale de l'homme est l'être-dans-des-sphères;
- La relation précoce mère/enfant se noue sur le mode du "nobjet", car il n'y a pas entre eux de relation d'objet "face-à-face";
- Entre les visages se déploie le champ de forces de l'espace interfacial;
- L'homme est un animal qu'accompagnent des voix qui viennent de l'intérieur de lui-même, qui l'enchantent mais auxquelles il peut résister, refuser son accord;
- La modernité cherche à remplacer par des artefacts les enveloppes traditionnelles et les systèmes immunitaires qu'elle a détruits.
- La situation fondamentale de l'homme est l'être-dans-des-sphères;
- La relation précoce mère/enfant se noue sur le mode du "nobjet", car il n'y a pas entre eux de relation d'objet "face-à-face";
- Entre les visages se déploie le champ de forces de l'espace interfacial;
- L'homme est un animal qu'accompagnent des voix qui viennent de l'intérieur de lui-même, qui l'enchantent mais auxquelles il peut résister, refuser son accord;
- La modernité cherche à remplacer par des artefacts les enveloppes traditionnelles et les systèmes immunitaires qu'elle a détruits.
La forme et le vouloir-dire
J'ai idixé ce texte paru dans "Marges de la philosophie" (pp185-207). Sa première version date de 1967, ce qui n'est pas étonnant quand on voit sa proximité avec "La voix et le phénomène", paru justement en 1967. J'en ai retenu quelques propositions qui concernent la forme, le texte ou la profération.
vendredi 14 novembre 2008
Le Moi-peau, de Didier Anzieu
J'ai idixé "Le Moi-peau", texte de Didier Anzieu devenu un classique et dont l'influence a été significative dans les domaines de la psychanalyse mais aussi de la philosophie et de l'art.
Les propositions sont organisées en deux parcours :
- La peau est un intermédiaire, un entre-deux dont le fonctionnement paradoxal étaye les différenciations psychiques;
- Un double interdit du toucher anticipe et prépare les autres interdits.
Les propositions sont organisées en deux parcours :
- La peau est un intermédiaire, un entre-deux dont le fonctionnement paradoxal étaye les différenciations psychiques;
- Un double interdit du toucher anticipe et prépare les autres interdits.
vendredi 31 octobre 2008
Daniel Payot, "Anachronies de l'oeuvre d'art"
Je viens de finir l'idixation de ce texte paru en 1990.
En voici un petit résumé, repris de la page ouverte sur Daniel Payot dans le site Idixa.
Pour Payot, il y a dans toute oeuvre (en tous cas toute oeuvre moderne) une loi singulière qui n'est pas donnée à l'avance, mais qui se révèle après-coup. Cette loi est celle que Derrida a repérée dans son texte Préjugés : la loi de la loi, c'est qu'on ne peut pas approcher l'origine de la différance. L'oeuvre reste devant la loi, à distance. Selon Payot, si elle se promet comme oeuvre, c'est comme énigme, dans le retrait de tout modèle, c'est-à-dire de façon fondamentalement anachronique. Ne cessant de promettre de se révéler, sans garantir la réalisation de cette promesse, elle est le lieu d'un messianisme inversé.
En voici un petit résumé, repris de la page ouverte sur Daniel Payot dans le site Idixa.
Pour Payot, il y a dans toute oeuvre (en tous cas toute oeuvre moderne) une loi singulière qui n'est pas donnée à l'avance, mais qui se révèle après-coup. Cette loi est celle que Derrida a repérée dans son texte Préjugés : la loi de la loi, c'est qu'on ne peut pas approcher l'origine de la différance. L'oeuvre reste devant la loi, à distance. Selon Payot, si elle se promet comme oeuvre, c'est comme énigme, dans le retrait de tout modèle, c'est-à-dire de façon fondamentalement anachronique. Ne cessant de promettre de se révéler, sans garantir la réalisation de cette promesse, elle est le lieu d'un messianisme inversé.
Hantaï, Jean-Luc Nancy, Jacques Derrida et "La connaissance des textes"
Ayant en cours cette immense tâche de lire et analyse "Le Toucher, Jean-Luc Nancy", j'ai fait une petite excursion du côté d'un autre livre lié au premier. C'est en effet pour servir de frontispice au "Toucher" que Jean-Luc Nancy a demandé à Hantaï de réaliser une oeuvre qui puisse être reproduite dans le livre. Ainsi sont nés les "travaux de lecture" dont on verra des exemples ici ou là. Hantaï y a mêlé de façon indiscernable les textes de Derrida et de Nancy. J'en profite pour ouvrir une page sur Hantaï, et pour ajouter La connaissance des textes à la liste des textes idixés de Jacques Derrida.
vendredi 5 septembre 2008
Anselm Kiefer, par Daniel Arasse
On pourra lire une version complète du textes qui suit avec de nombreux liens issus du livre de Daniel Arasse sur cette page.
La précision pourrait être inutile, mais elle ne l'est pas : Kiefer est allemand. En d'autres termes : il n'est pas juif. Il fallait que cette évidence fut dite pour qu'il puisse reconnaître une dette de l'Allemagne, dont il ne rejette pas le poids. C'est à lui de réparer, à personne d'autre. C'est à lui de prouver que, après l'entreprise esthétique des nazis, il est encore possible d'être un artiste allemand, à condition d'avoir le courage de s'expliquer avec les spectres et d'accomplir un dur travail de deuil et de remémoration. L'Allemagne est irréductible à ses mythes, son devenir est hétérogène. Elle doit exhiber les contradictions qui sont en elle, y compris sa propre culture judéo-cabalistique -, encore vivante et bien présente, malgré les crimes, l'effondrement du sens et la déréliction ambiante. Elle doit s'incorporer des personnages étrangers comme Lilith. A ce prix seulement, l'Allemagne sera réunifiée.
Kiefer a commencé par recueillir des traces de sang, mais cela ne suffit pas pour faire son deuil de tous ces morts. Il faut des mots, des textes, des poèmes, des concepts, des livres, des bâtiments, des monuments, des ruines, des masses de plomb ou de béton armé, des matériaux disparates qui mettent l'oeuvre en mouvement. Ces constructions théatrales, faites de rappels et d'allusions provoquent un choc. La blonde Margarete et la brune Sulamith s'y croisent. Elles mettent en ruine la représentation classique, mais restaurent une aura d'un nouveau genre, ancrée dans l'art du XXème siècle où prospère la présence réelle.
Finalement l'ensemble du projet apparaît comme irréductiblement allemand. Si la culture juive est invoquée, c'est comme monument ou idole, pas comme expérience vivante.
La précision pourrait être inutile, mais elle ne l'est pas : Kiefer est allemand. En d'autres termes : il n'est pas juif. Il fallait que cette évidence fut dite pour qu'il puisse reconnaître une dette de l'Allemagne, dont il ne rejette pas le poids. C'est à lui de réparer, à personne d'autre. C'est à lui de prouver que, après l'entreprise esthétique des nazis, il est encore possible d'être un artiste allemand, à condition d'avoir le courage de s'expliquer avec les spectres et d'accomplir un dur travail de deuil et de remémoration. L'Allemagne est irréductible à ses mythes, son devenir est hétérogène. Elle doit exhiber les contradictions qui sont en elle, y compris sa propre culture judéo-cabalistique -, encore vivante et bien présente, malgré les crimes, l'effondrement du sens et la déréliction ambiante. Elle doit s'incorporer des personnages étrangers comme Lilith. A ce prix seulement, l'Allemagne sera réunifiée.
Kiefer a commencé par recueillir des traces de sang, mais cela ne suffit pas pour faire son deuil de tous ces morts. Il faut des mots, des textes, des poèmes, des concepts, des livres, des bâtiments, des monuments, des ruines, des masses de plomb ou de béton armé, des matériaux disparates qui mettent l'oeuvre en mouvement. Ces constructions théatrales, faites de rappels et d'allusions provoquent un choc. La blonde Margarete et la brune Sulamith s'y croisent. Elles mettent en ruine la représentation classique, mais restaurent une aura d'un nouveau genre, ancrée dans l'art du XXème siècle où prospère la présence réelle.
Finalement l'ensemble du projet apparaît comme irréductiblement allemand. Si la culture juive est invoquée, c'est comme monument ou idole, pas comme expérience vivante.
Inscription à :
Articles (Atom)