J'ai idixé "Le Moi-peau", texte de Didier Anzieu devenu un classique et dont l'influence a été significative dans les domaines de la psychanalyse mais aussi de la philosophie et de l'art.
Les propositions sont organisées en deux parcours :
- La peau est un intermédiaire, un entre-deux dont le fonctionnement paradoxal étaye les différenciations psychiques;
- Un double interdit du toucher anticipe et prépare les autres interdits.
Rechercher dans ce blog
vendredi 14 novembre 2008
vendredi 31 octobre 2008
Daniel Payot, "Anachronies de l'oeuvre d'art"
Je viens de finir l'idixation de ce texte paru en 1990.
En voici un petit résumé, repris de la page ouverte sur Daniel Payot dans le site Idixa.
Pour Payot, il y a dans toute oeuvre (en tous cas toute oeuvre moderne) une loi singulière qui n'est pas donnée à l'avance, mais qui se révèle après-coup. Cette loi est celle que Derrida a repérée dans son texte Préjugés : la loi de la loi, c'est qu'on ne peut pas approcher l'origine de la différance. L'oeuvre reste devant la loi, à distance. Selon Payot, si elle se promet comme oeuvre, c'est comme énigme, dans le retrait de tout modèle, c'est-à-dire de façon fondamentalement anachronique. Ne cessant de promettre de se révéler, sans garantir la réalisation de cette promesse, elle est le lieu d'un messianisme inversé.
En voici un petit résumé, repris de la page ouverte sur Daniel Payot dans le site Idixa.
Pour Payot, il y a dans toute oeuvre (en tous cas toute oeuvre moderne) une loi singulière qui n'est pas donnée à l'avance, mais qui se révèle après-coup. Cette loi est celle que Derrida a repérée dans son texte Préjugés : la loi de la loi, c'est qu'on ne peut pas approcher l'origine de la différance. L'oeuvre reste devant la loi, à distance. Selon Payot, si elle se promet comme oeuvre, c'est comme énigme, dans le retrait de tout modèle, c'est-à-dire de façon fondamentalement anachronique. Ne cessant de promettre de se révéler, sans garantir la réalisation de cette promesse, elle est le lieu d'un messianisme inversé.
Hantaï, Jean-Luc Nancy, Jacques Derrida et "La connaissance des textes"
Ayant en cours cette immense tâche de lire et analyse "Le Toucher, Jean-Luc Nancy", j'ai fait une petite excursion du côté d'un autre livre lié au premier. C'est en effet pour servir de frontispice au "Toucher" que Jean-Luc Nancy a demandé à Hantaï de réaliser une oeuvre qui puisse être reproduite dans le livre. Ainsi sont nés les "travaux de lecture" dont on verra des exemples ici ou là. Hantaï y a mêlé de façon indiscernable les textes de Derrida et de Nancy. J'en profite pour ouvrir une page sur Hantaï, et pour ajouter La connaissance des textes à la liste des textes idixés de Jacques Derrida.
vendredi 5 septembre 2008
Anselm Kiefer, par Daniel Arasse
On pourra lire une version complète du textes qui suit avec de nombreux liens issus du livre de Daniel Arasse sur cette page.
La précision pourrait être inutile, mais elle ne l'est pas : Kiefer est allemand. En d'autres termes : il n'est pas juif. Il fallait que cette évidence fut dite pour qu'il puisse reconnaître une dette de l'Allemagne, dont il ne rejette pas le poids. C'est à lui de réparer, à personne d'autre. C'est à lui de prouver que, après l'entreprise esthétique des nazis, il est encore possible d'être un artiste allemand, à condition d'avoir le courage de s'expliquer avec les spectres et d'accomplir un dur travail de deuil et de remémoration. L'Allemagne est irréductible à ses mythes, son devenir est hétérogène. Elle doit exhiber les contradictions qui sont en elle, y compris sa propre culture judéo-cabalistique -, encore vivante et bien présente, malgré les crimes, l'effondrement du sens et la déréliction ambiante. Elle doit s'incorporer des personnages étrangers comme Lilith. A ce prix seulement, l'Allemagne sera réunifiée.
Kiefer a commencé par recueillir des traces de sang, mais cela ne suffit pas pour faire son deuil de tous ces morts. Il faut des mots, des textes, des poèmes, des concepts, des livres, des bâtiments, des monuments, des ruines, des masses de plomb ou de béton armé, des matériaux disparates qui mettent l'oeuvre en mouvement. Ces constructions théatrales, faites de rappels et d'allusions provoquent un choc. La blonde Margarete et la brune Sulamith s'y croisent. Elles mettent en ruine la représentation classique, mais restaurent une aura d'un nouveau genre, ancrée dans l'art du XXème siècle où prospère la présence réelle.
Finalement l'ensemble du projet apparaît comme irréductiblement allemand. Si la culture juive est invoquée, c'est comme monument ou idole, pas comme expérience vivante.
La précision pourrait être inutile, mais elle ne l'est pas : Kiefer est allemand. En d'autres termes : il n'est pas juif. Il fallait que cette évidence fut dite pour qu'il puisse reconnaître une dette de l'Allemagne, dont il ne rejette pas le poids. C'est à lui de réparer, à personne d'autre. C'est à lui de prouver que, après l'entreprise esthétique des nazis, il est encore possible d'être un artiste allemand, à condition d'avoir le courage de s'expliquer avec les spectres et d'accomplir un dur travail de deuil et de remémoration. L'Allemagne est irréductible à ses mythes, son devenir est hétérogène. Elle doit exhiber les contradictions qui sont en elle, y compris sa propre culture judéo-cabalistique -, encore vivante et bien présente, malgré les crimes, l'effondrement du sens et la déréliction ambiante. Elle doit s'incorporer des personnages étrangers comme Lilith. A ce prix seulement, l'Allemagne sera réunifiée.
Kiefer a commencé par recueillir des traces de sang, mais cela ne suffit pas pour faire son deuil de tous ces morts. Il faut des mots, des textes, des poèmes, des concepts, des livres, des bâtiments, des monuments, des ruines, des masses de plomb ou de béton armé, des matériaux disparates qui mettent l'oeuvre en mouvement. Ces constructions théatrales, faites de rappels et d'allusions provoquent un choc. La blonde Margarete et la brune Sulamith s'y croisent. Elles mettent en ruine la représentation classique, mais restaurent une aura d'un nouveau genre, ancrée dans l'art du XXème siècle où prospère la présence réelle.
Finalement l'ensemble du projet apparaît comme irréductiblement allemand. Si la culture juive est invoquée, c'est comme monument ou idole, pas comme expérience vivante.
mercredi 3 septembre 2008
Préjugés, devant la loi (Jacques Derrida, texte publié en 1985)
J'ai fini l'analyse de l'intervention que Derrida a faite en août 1982 lors de la décade de Cerisy-la-Salle consacrée à Jean-François Lyotard. Analysant un texte de Kafka, Devant la loi, Derrida évoque le jugement, la loi, et aussi l'oeuvre. Qu'est-ce qu'une oeuvre? Elle se tient devant la loi et la subvertit.
Voici les propositions issues de ce texte :
- La loi de la loi, c'est qu'il ne faut pas approcher, représenter ni pénétrer l'origine de la différance
- A l'origine de la loi, rien n'a lieu, rien de nouveau n'arrive, il est impossible de raconter l'événement qui inaugure l'interdit
- L'interdiction de la loi n'est pas une contrainte impérative mais une différance : "je t'ordonne de ne pas venir jusqu'à moi"
- La loi est un rien qui, dans un lieu vide, diffère incessamment l'accès à soi
- La loi de la loi, c'est qu'elle doit être sans histoire, sans genèse, sans origine, sans dérivation possible, elle ne doit donner lieu à aucun récit
- Ce qui fait oeuvre est une perturbation dans le système normal de la référence, en rapport avec les limites et le jeu du cadrage
- L'oeuvre surgit et reste toujours devant la loi
- A la question "Comment juger?", l'absence de critères est la loi, car s'il y avait des critères, il n'y aurait pas jugement mais savoir, technique, code ou simulacre de décision
- Nous sommes a priori tenus de répondre devant la loi des préjugés que nous sommes
- Pour distinguer un récit fictif d'une "réalité", il n'y a pas d'autre critère que le consensus ou la loi qui garantit la signature d'un "auteur"
- Intituler un texte est un événement, un coup de force qui lui donne sa loi et en fait une institution
- Dans le rapport à la loi comme dans le rapport sexuel, le Tabernacle reste vide et la dissémination fatale
- Un titre est le nom propre d'une oeuvre ou d'un texte qui, en étant dedans et dehors, garantit conventionnellement son identité
- Le paradoxe du post-moderne, c'est que, bien que le jugement n'ait ni fondement ni critères, nous ne pouvons pas nous en débarrasser
Voici les propositions issues de ce texte :
- La loi de la loi, c'est qu'il ne faut pas approcher, représenter ni pénétrer l'origine de la différance
- A l'origine de la loi, rien n'a lieu, rien de nouveau n'arrive, il est impossible de raconter l'événement qui inaugure l'interdit
- L'interdiction de la loi n'est pas une contrainte impérative mais une différance : "je t'ordonne de ne pas venir jusqu'à moi"
- La loi est un rien qui, dans un lieu vide, diffère incessamment l'accès à soi
- La loi de la loi, c'est qu'elle doit être sans histoire, sans genèse, sans origine, sans dérivation possible, elle ne doit donner lieu à aucun récit
- Ce qui fait oeuvre est une perturbation dans le système normal de la référence, en rapport avec les limites et le jeu du cadrage
- L'oeuvre surgit et reste toujours devant la loi
- A la question "Comment juger?", l'absence de critères est la loi, car s'il y avait des critères, il n'y aurait pas jugement mais savoir, technique, code ou simulacre de décision
- Nous sommes a priori tenus de répondre devant la loi des préjugés que nous sommes
- Pour distinguer un récit fictif d'une "réalité", il n'y a pas d'autre critère que le consensus ou la loi qui garantit la signature d'un "auteur"
- Intituler un texte est un événement, un coup de force qui lui donne sa loi et en fait une institution
- Dans le rapport à la loi comme dans le rapport sexuel, le Tabernacle reste vide et la dissémination fatale
- Un titre est le nom propre d'une oeuvre ou d'un texte qui, en étant dedans et dehors, garantit conventionnellement son identité
- Le paradoxe du post-moderne, c'est que, bien que le jugement n'ait ni fondement ni critères, nous ne pouvons pas nous en débarrasser
samedi 30 août 2008
Walter Benjamin, Paris capitale du XIXème siècle
J'ai retravaillé sur certaines formulations issues de ce texte foisonnant, avec ses innombrables citations. On les retrouve ici comme étapes des parcours construits à partir d'autres textes de Benjamin. Voici les "têtes de parcours" :
- Une image dialectique est ce en quoi l'Autrefois rencontre le Maintenant, dans un éclair, pour former une constellation
- L'oeuvre d'art n'a de valeur que dans la mesure où elle frémit des réflexes de l'avenir
- Dans certaines photographies, la durée s'installe pleinement et s'insinue dans l'image
- L'homme est ce à quoi la photographie est le moins capable de renoncer
- A la plus parfaite reproduction d'une oeuvre d'art, il manquera toujours quelque chose : l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve (son aura)
- Les grandes constructions de l'histoire s'édifient en reprenant le principe du montage : découvrir dans l'analyse du petit moment singulier le cristal de l'événement total
- Le spectacle de la mode est l'émergence du "tout nouveau" parmi les choses ordinaires
- Une image dialectique est ce en quoi l'Autrefois rencontre le Maintenant, dans un éclair, pour former une constellation
- L'oeuvre d'art n'a de valeur que dans la mesure où elle frémit des réflexes de l'avenir
- Dans certaines photographies, la durée s'installe pleinement et s'insinue dans l'image
- L'homme est ce à quoi la photographie est le moins capable de renoncer
- A la plus parfaite reproduction d'une oeuvre d'art, il manquera toujours quelque chose : l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve (son aura)
- Les grandes constructions de l'histoire s'édifient en reprenant le principe du montage : découvrir dans l'analyse du petit moment singulier le cristal de l'événement total
- Le spectacle de la mode est l'émergence du "tout nouveau" parmi les choses ordinaires
lundi 25 août 2008
L'histoire de l'art est-elle finie? par Hans Belting
Les propositions issues de l'idixation du texte de Hans Belting (paru en allemand en 1983) et en français en 1989 sous le titre L'histoire de l'art est-elle finie? - Histoire et archéologie d'un genre sont les suivantes :
- [La fin du concept d'"art" en tant que tel marque le début du concept herméneutique d'"oeuvre"]
- [L'histoire de l'art étant elle-même une représentation, est prise dans la crise de la représentation]
- [Avec la modernité, les limites qui séparaient l'art des autres médias visuels et langagiers se sont effacées]
- L'art contemporain doit faire face au dilemne de sa propre existence à une époque où de nouveaux médias assurent la plupart des fonctions de l'art
- En considérant le modernisme comme une tradition comme les autres, l'art contemporain relance l'interrogation sur l'art dans son unité
- La perspective est le paradigme d'une conception de l'art susceptible de progrès
- Il n'y a plus de théorie de l'art générale, mais des multitudes de théories qui isolent dans l'oeuvre des points de vue distincts
- La discontinuité entre art pré-moderne et art moderne est doublée par une discontinuité entre deux histoires de l'art difficiles à réconcilier
- La perte des fonctions publiques de l'art au début du 19ème siècle a été compensée par l'affirmation de son autonomie absolue - jusqu'au retour de la culture de masse
- L'expression "oeuvre d'art" implique que l'oeuvre est inachevée, car elle se réfère à un concept (l'art), elle a une histoire et elle est en attente d'une réception
- L'expression "histoire de l'art" relie deux concepts hétérogènes : l'art comme qualité reconnue aux oeuvres; une explication historique indépendante des oeuvres
- Ce que l'art prémoderne avait atteint en termes de représentation, l'art moderne l'atteint par la présence immédiate de l'oeuvre dans sa forme
- [La fin du concept d'"art" en tant que tel marque le début du concept herméneutique d'"oeuvre"]
- [L'histoire de l'art étant elle-même une représentation, est prise dans la crise de la représentation]
- [Avec la modernité, les limites qui séparaient l'art des autres médias visuels et langagiers se sont effacées]
- L'art contemporain doit faire face au dilemne de sa propre existence à une époque où de nouveaux médias assurent la plupart des fonctions de l'art
- En considérant le modernisme comme une tradition comme les autres, l'art contemporain relance l'interrogation sur l'art dans son unité
- La perspective est le paradigme d'une conception de l'art susceptible de progrès
- Il n'y a plus de théorie de l'art générale, mais des multitudes de théories qui isolent dans l'oeuvre des points de vue distincts
- La discontinuité entre art pré-moderne et art moderne est doublée par une discontinuité entre deux histoires de l'art difficiles à réconcilier
- La perte des fonctions publiques de l'art au début du 19ème siècle a été compensée par l'affirmation de son autonomie absolue - jusqu'au retour de la culture de masse
- L'expression "oeuvre d'art" implique que l'oeuvre est inachevée, car elle se réfère à un concept (l'art), elle a une histoire et elle est en attente d'une réception
- L'expression "histoire de l'art" relie deux concepts hétérogènes : l'art comme qualité reconnue aux oeuvres; une explication historique indépendante des oeuvres
- Ce que l'art prémoderne avait atteint en termes de représentation, l'art moderne l'atteint par la présence immédiate de l'oeuvre dans sa forme
Inscription à :
Articles (Atom)